L’ÉCART - Trouble Mental et Prison
Pour les droits et la dignité en milieu carcéral
Association romande engagée aux côtés des personnes concernées par les troubles mentaux sous main de justice et de leurs proches
Pourquoi choisir L’ÉCART comme nom pour notre association ?
Pour deux raisons :
✦ Ce nom se veut un signal rappelant la distance qui existe entre l’esprit de la loi relative à l’art. 59 du CPS - pensée pour être thérapeutique - et la réalité carcérale vécue par les patients auteurs d’infraction. Nous militons pour réduire cet écart afin que ces patients puissent bénéficier de soins dans des lieux conçus pour guérir, non pour punir.
✦ Nous voulons également rappeler la nécessité de disposer de lieux thérapeutiques fermés - à l’écart oui, mais hors la prison - offrant des soins adaptés aux patients atteints de graves troubles mentaux.
Affaires en cours
Affaire Joseph
Condamné en 2015 à 15 mois de prison, Joseph est toujours détenu. Victime d’un passage à tabac, il conteste une ordonnance pénale le condamnant à 510 francs d’amende et à 60 jours de prison !
Affaire Jean-Pascal Dujardin
Ayant recouru contre le refus de la libération conditionnelle, Jean-Pascal Dujardin, a gagné son recours : le TF admettait, que la détention à la Colonie ouverte était illégale.
Les News, nos choix
Détenir en prison un patient alors qu’il n’est plus violent, c’est illégal.
Lire 24 Heures : « La Haute Cour recadre les autorités pénitentiaires » et Les Commentaires de L'ÉCART
Cinq questions à Madeleine Pont
La présidente de L'ÉCART répond à Patricia Meylan en p. 35 de #prison-info, 02/12/2025, revue de l’Office fédéral de la justice
À la Une, de l’actualité
Rébellion à Bellechasse; émission RTS «Vacarme»; rapport accablant de la Commission des visiteurs vaudoise…. Petit tour d’horizon avec L'ÉCART.
Du GRAAP à L’ÉCART - une nouvelle aventure solidaire
Un engagement, une mission
Créée le 25 juin 2025 après la dissolution du GRAAP-Association, l’association romande L’ÉCART – Trouble Mental et Prison reprend l’héritage du Graap–Action Maladie Psychique et Prison (AMPP). Elle poursuit le même engagement : défendre les droits des personnes souffrant de troubles mentaux sous main de justice et faire entendre la voix de leurs proches, longtemps invisibilisée.
Née de l’initiative de familles confrontées à l’incarcération d’un proche malade faute de structures adaptées, L’ÉCART préserve l’esprit et les valeurs du GRAAP tout en recentrant son action sur les enjeux spécifiques de la santé mentale en milieu carcéral. L’association accompagne aujourd’hui patients-détenus et proches, en offrant écoute, soutien et repères dans un système souvent opaque. Lorsque certaines situations présentent un caractère exemplaire ou emblématique, et selon ses disponibilités, L’ÉCART peut solliciter son avocate afin d’entreprendre les démarches judiciaires nécessaires pour garantir le respect des droits fondamentaux.
Fidèle à la mobilisation initiée par le GRAAP, L’ÉCART mène également un travail de sensibilisation publique. Elle met en lumière l’inadéquation des soins psychiatriques en prison, les discriminations subies par les personnes atteintes de troubles psychiques sous main de justice, et rappelle que la solution de traitement psy en détention pose problème. L’association revendique la création d’une institution spécialisée, sécurisée et adaptée, permettant l’exécution des mesures thérapeutiques hors du cadre carcéral. À travers ses actions, L’ÉCART affirme une conviction simple : le trouble mental n’est pas un crime, et la dignité des personnes les plus vulnérables doit être protégée.
L'ÉCART développe une «Approche centrée sur le projet», rassemblant les forces de toutes les personnes concernées,(proches, patient-détenu, professionnels) selon le principe d’équivalence entre tous. En veillant au respect des droits humains, il veille à établir un réel partenariat entre les divers professionnels de la santé, du social, du monde judiciaire et pénal.
Une approche collaborative
L’ÉCART développe une Approche centrée sur le projet commun, une méthode qui réunit proches, patient‑détenu et professionnels sur un pied d’équivalence. Fondée sur la valorisation des apports des uns et des autres, elle instaure un réel partenariat entre les acteurs de la santé, du social et du système judiciaire et pénal incluant les patients concernés et les proches.
Une action à deux niveaux
Le Collectif 59 intervient sur les plans judiciaire, médical et social auprès des patients sous main de justice
les Actions concrètes visent à sensibiliser et alerter le public sur une réalité encore trop méconnue
Des actions concrètes
En 2011, pour la première fois, des proches de patients-détenus ont pris la parole publiquement lors du 22èmecongrès du GRAAP, révélant ainsi l’existence d’un groupe dédié à cette réalité douloureuse. Leurs témoignages ont mis en lumière l’injustice de voir des personnes atteintes de troubles mentaux incarcérées faute d’institutions adaptées. Le Groupe de Proches, plus présent que jamais, joue son rôle d’accueil, d’alerte, de soutien et de mobilisation. Il est le cœur de l'action de L'ÉCART.
Très vite, une conscience collective s’est formée, transformant la souffrance individuelle en combat commun. De cette solidarité sont nés des projets concrets – Café Prison, Collectif 59, Pétition, Film-Santé Mentale et Prison – portés par l’espoir d’une justice plus humaine. Les proches, confrontés à une double stigmatisation et à un manque criant d’informations, trouvent dans le partage un soutien et une force pour agir.
Groupe de Proches
Le Groupe de Proches - Trouble Mental et Prison est le cœur de l’action de L'ÉCART. Être proche d’une personne vivant avec un trouble mental et confrontée au système pénal, c’est porter un poids invisible : double stigmatisation, manque d’informations, isolement, questions sans réponse.
Notre Groupe offre un espace où ces fardeaux peuvent enfin être déposés, partagés, transformés. Ensemble, nous avons traversé les chagrins, les colères, les doutes, mais aussi les convictions, les élans d’espoir et l’envie profonde de faire bouger les lignes. Un lieu où l’on trouve du soutien, de la compréhension, et surtout la force collective nécessaire pour agir.
Animatrice du Groupe de proche
Karen Hafsett Nye
Les rencontres du Groupe de Proche
Concernés?
Vous êtes amis, curateur, proche parent d'un patient détenu, alors vous êtes les bienvenus
Prochaine rencontre :
Le dernier mardi de chaque mois
Pour plus d'infos sur le lieu, le thème, les invités :
+41 79 239 69 87
Karen.HafsettNye@lecart.ch
Café Prison
«Des patients psychiques en prison. À quoi bon ?» Dès le premier Café Prison, le 8 février 2012, le ton est donné. Avec pour but d’instaurer un dialogue entre les Proches de patients détenus, le public et des professionnels (Santé, Justice, Prison), ces rencontres mettent en discussion l’écart entre la prison, pensée pour punir et la mesure thérapeutique du CPS qui implique une logique de soins.
Pétition
Munie de 3074 signatures, la pétition «Le trouble mental n’est pas un crime» a été déposée au Grand Conseil en avril 2025 pour dire que nous voulons des lieux de soins spécialisés et sécurisés hors de la prison. Grâce à cette vaste campagne de sensibilisation, l’Action Maladie psychique et Prison (devenue L'ÉCART) a réussi à faire mieux connaître les non-sens d’une loi qui permet de maintenir en prison pendant de trop longues années, des personnes gravement atteintes dans leur santé mentale (article 59 al.3 du Code pénal). C'est en septembre 2025 que la Commission thématique des pétitions du Grand conseil vaudois a remis son rapport.
Festival de film - Santé mentale et Prison
Avec son Festival de films consacré à la santé mentale et à la prison, L'ÉCART (anc. GRAAP) a gagné son pari.
La magie des films, les débats passionnants, la sincérité des 38 intervenants et l’énergie d’un public très présent ont fait de l’événement un véritable succès. Et une évidence s’impose : les prisons romandes ne sont pas équipées pour soigner et encore moins le lieu pour exécuter un véritable programme thérapeutique au sens de la loi.
Collectif 59
Rendre visible l’invisible
L’article 59 du Code pénal suisse prévoit qu’une personne ayant commis une infraction sous l’effet d’un grave trouble mental doit bénéficier d’un traitement institutionnel. Mais depuis 2007, une phrase ajoutée à l’al. 3 permet que ce traitement soit exécuté en établissement pénitentiaire, pour autant qu’un personnel qualifié soit présent.
Cette adjonction a profondément modifié l’esprit de la loi : elle a légitimé l’idée que la prison pourrait tenir lieu d’institution thérapeutique. Pour L’ÉCART, cette interprétation est inacceptable. La prison n’est pas un lieu de soins. C’est pour dénoncer cette dérive et défendre le droit à un traitement digne que le Collectif 59 a vu le jour.
À travers quelques situations emblématiques, portées par le courage et la détermination de proches et de leur patient‑détenu, le Collectif 59 met en lumière les dérives de l’art. 59 al. 3 CPS. Lire <Les Affaires>
- Lorsque l’auteur souffre d’un grave trouble mental, le juge peut ordonner un traitement institutionnel <…>
- Le traitement institutionnel s’effectue dans un établissement psychiatrique approprié ou dans un établissement d’exécution des mesures.
- <…> Il peut aussi être effectué dans un établissement pénitentiaire <…>
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