Actions concrètes

Actions concrètes

En 2011, pour la première fois, des proches de patients-détenus ont pris la parole publiquement lors du 22e Congrès du Graap, révélant l’existence d’un groupe dédié à cette réalité douloureuse. Leur témoignage a mis en lumière l’injustice de voir des personnes atteintes de troubles psychiques incarcérées faute d’institutions adaptées. Très vite, une conscience collective s’est formée, transformant la souffrance individuelle en combat commun. De cette solidarité sont nés des projets concrets – Cafés Prison, Collectif 59, Pétition, Festival de Film-Santé Mentale et Prison – portés par l’espoir d’une justice plus humaine.

Entraide, côté pratique

Pour publier une annonce, écrire à contact@lecart.ch ou téléphoner au +41 79 156 37 70

REPR

REPR
1005 Lausanne
Tél. : 021 791 02 72

info@repr.ch

REPR annonce la sortie de son nouveau livret :

Infractions sexuelles : Parlons-en !

Cet ouvrage s’adresse aux proches de personnes incarcérées ou soupçonnées pour des raisons d’infractions sexuelles. À travers des témoignages et des réflexions, ce livret vise à ouvrir le dialogue, à mieux comprendre ces situations et à offrir un soutien aux proches qui traversent ces épreuves.

Pour obtenir ce livret, s’adresser à REPR.

Groupe de Proches – Trouble Mental et Prison

Être proche d’une personne vivant avec un trouble mental et confrontée au système pénal, c’est porter un poids invisible : double stigmatisation, manque d’informations, isolement, questions sans réponse.

Notre Groupe offre un espace où ces fardeaux peuvent enfin être déposés, partagés, transformés. Ensemble, nous avons traversé les chagrins, les colères, les doutes, mais aussi les convictions, les élans d’espoir et l’envie profonde de faire bouger les lignes. Un lieu où l’on trouve du soutien, de la compréhension, et surtout la force collective nécessaire pour agir. 

 

Le groupe de proches de patients sous main de justice se réunit chaque semaine depuis 2011. Ces rencontres mensuelles sont, en principe une fois sur deux, enrichies par la présence de spécialistes invités. Dès janvier 2026, le Groupe se réunit chaque dernier mardi du mois, alternativement dans le Nord vaudois et dans d’autres endroits de Suisse romande. Les thèmes et les lieux sont annoncés sur la première page du site de L'ÉCART et une invitation mensuelle est envoyée par email aux membres de ce groupe.

Pour garder le lien avec celles et ceux qui ne peuvent pas toujours participer, Les Bulletins du Groupe de Proches, courriels mensuels, relaient les thèmes, les réflexions et diverses informations après chaque rencontre.

Vous êtes ami, curateur, proche parent d’un patient,

  • Vous aimeriez être entendu, discuter, partager votre expérience, être informé,
  • Vous souhaitez rencontrer d’autres personnes qui sont dans la même situation que vous,
  • Vous avez peut-être aussi envie d’agir et de participer à des actions collectives,

Alors contactez Karen notre animatrice. Un accueil individuel peut être organisé avant les rencontres.

Email : Karen.HafsettNye@lecart.ch 

Téléphone : +41 79 239 69 87

Communication

Lorsque l’on parcourt les courriers des lecteurs, une réaction revient sans cesse dès qu’il est question de personnes souffrant de troubles mentaux et de prison : le détenu a bien mérité sa peine, la sanction doit être sévère, la détention à vie, lorsque l’on ne lit pas le retour à la peine de mort. Peu d’attention pour l’état de santé de l’auteur, et encore moins pour un quelconque projet thérapeutique. Même pire, investir dans une thérapie ? c’est un luxe ! Dans l’imaginaire collectif, le fou dangereux est présumé violent à vie. Il existe bel et bien, dans cet imaginaire, une « présomption de violence » qui est liée aux troubles mentaux. Peut-être, moins qu’il y a 40 ans, mais tout de même. 

Nous voulons veiller aux grains. C’est pourquoi l’un de nos objectifs est la sensibilisation. La presse — écrite ou orale — constitue un véritable troisième pouvoir : elle façonne nos représentations, influence nos jugements et contribue, quand elle s’en saisit, à changer les mentalités. C’est pourquoi notre site accorde aussi une place à ces actions de sensibilisation : Les Bulletins du Groupe de Proches - Les Newsletters de l'ÉCART - Les publications de l'ÉCART - Les médias, nos choix.

Les Bulletins du Groupe de Proches

Les publications de L'ÉCART
Les médias, nos choix

Assurances sociales et détention

Dossier bientôt disponible

Prisons – ERS – Foyers – EPSM et Article 59 CPS

Dossier bientôt disponible

Festival de Film avril 2025

Avec le premier Festival de film consacré à la santé mentale et à la prison, L'ÉCART (anc. AMPP) a gagné son pari. La magie des films, les débats passionnants, la sincérité des 38 intervenants et la richesse des interactions avec le public ont fait de l’événement un véritable succès.

" Le trouble mental n’est pas un crime" : une mobilisation romande historique

Le 1ᵉʳ avril 2025, tambours battants – au sens propre – la pétition « Le trouble mental n’est pas un crime » a été remise au président du Grand Conseil vaudois. Avec 3074 signatures, cette mobilisation est exceptionnelle pour un sujet encore tabou : la folie, la prison, et l’injustice structurelle qui frappe les personnes atteintes dans leur santé mentale sous main de justice.

Une parole forte portée devant les autorités
Le 12 juin 2025, les pétitionnaires ont présenté leurs arguments devant la Commission des pétitions. Leur message est clair :
• Personne ne doit croupir en prison en raison d’un trouble mental. Cette pratique viole les Règles Nelson Mandela et la Convention européenne des droits de l’homme, ratifiée par la Suisse en 1974.
• Le canton de Vaud doit créer des unités fermées spécialisées en santé mentale, garantissant à la fois la sécurité de la personne et celle de la société.
• La réponse doit être romande, car dans tous les cantons, des personnes gravement atteintes dans leur santé mentale restent en prison faute de lieux thérapeutiques adaptés.

Un constat s’impose déjà : la pétition est un succès populaire et politique.

Une réalité alarmante en Suisse romande

La situation actuelle est marquée par :
• Une augmentation des mesures thérapeutiques exécutées en prison, souvent en détention préventive ou prolongée.
• Des conditions indignes : absence de plan thérapeutique, détentions sans horizon de sortie, surpopulation carcérale.
• Une prise en charge inadéquate, où la médication remplace trop souvent la thérapie, et où la sécurité prime sur le soin.
• Une fragmentation des responsabilités entre justice, santé et pénitentiaire, sans coordination intercantonale.
• Un contraste frappant avec la Suisse alémanique, qui dispose d’établissements sécurisés non pénitentiaires, dotés de personnel formé et de véritables programmes thérapeutiques.

Des projets en cours, mais insuffisants
Le Département de psychiatrie du CHUV et le Service pénitentiaire vaudois prévoient :
• Un Établissement de réinsertion sécurisée (ERS) de 12 places à Cery (2028–2029).
• Une unité psychiatrique sécurisée de 7 places pour les crises aiguës.
• Des projets complémentaires pour les femmes et les situations de crise.

Ces avancées sont importantes, mais elles ne suffisent pas à répondre à l’urgence actuelle.

La position de la Commission du Grand Conseil
Dans son rapport, la Commission :
• recommande unanimement de transmettre la pétition, reconnaissant l’urgence d’agir ;
• souligne la nécessité de créer rapidement une institution spécialisée hors prison ;
• appelle à renforcer le personnel, accélérer les procédures, réduire les détentions injustifiées et améliorer la coordination romande.

L’ÉCART : agir, ensemble
Cette pétition a permis de rencontrer des centaines de personnes dans toute la Suisse romande, d’expliquer, d’écouter, de briser les tabous. Elle a aussi montré que la société est prête à changer.

Un immense merci aux 3074 signataires, et en particulier aux proches qui ont osé témoigner dans l’espace public.

C’est cela, L’ÉCART : un espace pour agir, reprendre du pouvoir, et œuvrer à un mieux pour toutes et tous.

 

Pour aller plus loin :

Le clip du réalisateur Michel Finazzi lors de la récolte de signatures - printemps 2025

Lettre au Président du Grand Conseil, avril 2025

Rapport de la Commission des pétitions - septembre 2025

l’interview (« Tribu », RTS, du prof. Bruno Gravier - avril 2025

Nº 7 GRAAP-INFOS-Pétition - 3074 signatures remises au Président du Grand Conseil – 18 avr. 2025

Nº 6 GRAAP-INFOS-Pétition  - Remise des signatures au Grand Conseil – 27 mars 2025

Nº 5 GRAAP-INFOS-Pétition  - À la Palud, nous y serons ! - 19 nov. 2024

Nº 4 GRAAP-INFOS-Pétition - Et, si vous nous faisiez une petite visite à Aigle le 8 octobre ? – 6 oct. 2024

Nº 3 GRAAP-INFOS-Pétition - Récolte de signatures à Vevey - Samedi 27 avril – 25 avr. 2024

Nº 2 GRAAP-INFOS-Pétition - Plus de 1000 signatures - Stands pour la récolte de signatures – 13 mars 2024

Nº 1 GRAAP-INFOS-Pétition – Le trouble mental n’est pas un crime – signer en ligne – 23 nov. 2023

Play RTS : 36.9° -  Soigner en prison, émission de la RTS du 18 octobre 2023

Café Prison

« Des patients psychiques en prison. À quoi bon ? » Dès le premier Café Prison, le 8 février 2012, le ton est donné. Avec pour but d’instaurer un dialogue entre les proches de patients concernés, le public et des professionnels de tout horizon. Ces Cafés contribuent à mieux faire mieux connaître la problématique de la détention en prison de ces patients atteints de graves troubles mentaux sous main de justice, de dépasser les préjugés. 

Car, on l’oublie souvent, pour les familles concernées par un patient-détenu, c’est aussi la double peine. A la tristesse d’avoir un proche atteint de troubles mentaux incarcéré s’ajoutent les stéréotypes qui font mal, du genre : « S’il est en prison, c’est qu’il l’a mérité ! » comme si la maladie était un crime.

Démystifier la problématique

Les 13 Cafés Prison organisés depuis 2012 avec des intervenants de tout premier plan, ont permis d’ouvrir le débat ; de briser les stéréotypes sur la maladie psychique et la prison ; de mettre en lumière les paradoxes de la loi qui autorise l’exécution des mesures thérapeutiques dans un lieu aussi délétère que la prison. 

Le but des Cafés étant d'ouvrir le débat et offrir une écoute respectueuse de l’expérience des diverses parties concernées par cette importante question de société, la  Charte des Cafés Prison a été élaborée en 2015. Elle est toujours en vigueur, ainsi que Les Règles pour l’animation. 

Et maintenant ?

Sous l’égide de L’ÉCART, les Cafés Prison vont se poursuivre et se réinventer. Nous travaillons à une nouvelle formule, avec l’ambition de les implanter dans d’autres cantons romands — tous sont confrontés au manque de lieux thérapeutiques sécurisés et aux impasses liées à l’exécution de mesures thérapeutiques en prison.
Si la géographie des Cafés Prison évolue, leur esprit demeure intact : faire de chaque rencontre une véritable plateforme d’échanges entre toutes les parties concernées — proches de patients-détenus, professionnel·le·s de la justice, de la santé, des prisons et du social. Car c’est ensemble, dans la confrontation des expériences et la circulation des savoirs, que nous faisons réellement bouger les lignes.

Pour aller plus loin :

Liste des 13 premiers Cafés Prison, avec la liste des thèmes et des invités

13 Café Prison – juin 2024: « Soigner ou punir, il faut choisir ! » L’interview du prof. Bruno Gravier, fondateur et médecin chef du Service de médecine et de psychiatrie pénitentiaires du canton de Vaud (SMPP) de 1991 à 2019 :  

Dans les médias :

Quatre émissions de la RTS

Quatre articles de journaux

Adresses utiles

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